Canals

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Historique de Canals

Le vieux Pouillé du XVe siècle porte sous le n° 22 : « CANALZ, Prioratus regularis ordinis sancti Benedicti : Prior proesentat vicarium et Dominus instituit ». Prieuré régulier de l’ordre de St Benoît ; le Prieur présente le recteur et l’Evêque lui donne l’institution canonique.
Entre les années 1065 et 1066, au mois de mai, Frotard de Cornus, donne à Odolric, abbé de Conque, l’allen des Enfruts et les apendaries des Menudes, de Mal-Pajol et de Nègre-Boissière et une autre apendaire dans la villa des Enfruts.
Il est dit que cette villa donne 8 pourceaux valant chacun 8 deniers Raimondencs, 5 sols et 8 deniers de monnaie, 4 boisseaux d’avoine, le gîte pour 15 cavaliers, 9 gélines, une épaule (probablement de cochon), et deux fromages de chaque cabane (= cave à fromage).
Il donne en outre les manses de l’église de Bouysse (Mensiones de Ecclesia de Boxia.) (Il est à peu près certain que l’église de Boxia désigne Saint-Amans de Bouysse dans la vallée de la Dourbie près de Monna. Quoique le livre de l’Epervier mentionne la « Parochia delz Enffrus XVI foc. » dans la liste des paroisses de la baillie de Millau en 1340, il est probable que le mot Parochia ne veut pas dire paroisse proprement dite, mais seulement une section de paroisse.)
Le susdit allen est situé dans le conte de Rodez et dans la paroisse de Saint martin de Canals. « Et est iste supra scriptus alodes in comitatu Ruthenico, in parochia Sancti Martini de Canals. »

(Cartulaire Conques, Ch 399).

En vertu de cette donation, les moines de Conques prétendaient avoir des droits sur l’église de Canals ce que contestait le monastère de Joncels. Le différent fut réglé dans un plaid tenu à Saint-Martin du Caylar (Hérault) en 1122, qui adjugea à Joncels l’église de Canals.

(Fisquet, France Pontific. Montpellier, II, p.244)

En 1135 le pape Innocent II confirma au Monastère de Joncels la donation de l’église de Canals, ainsi que de celles de Saint Julien de Molières, de Saint Christophe de Druille (Eglise aujourd’hui disparue : la première était à Saint Julien entre Saint-Maurice de Sorgue et Saint-lô, et la seconde à Dreuilhe près de Sylvanès.) et de Notre-Dame de Taurlac, comme l’avaient fait précédemment les papes Grégoire VII et Pascal II (Fisquet, ibid. pg. 244). Or comme Grégoire VII régna de 1073 à 1085, la donation de l’église de Canals était antérieure à 1085.
Malgré la sentence de 1122 et la bulle du pape Innocent II adjugeant Canals à l’abbaye de Joncels, les moines de Conques durent continuer à réclamer l’église de Canals, puisqu’une bulle d’Innocent IV, du 28 avril 1245 qui se trouve dans la collection Doat, dont le sommaire a été donné par Verlague-Rigal, page 252 (7), confirme à l’abbaye de Conques l’église de Canals. Mais dans la suite Conques dut renoncer à ses prétentions, car les pouillés du XVe siècle et de 1729, attribuent à Joncels la paroisse de Canals.
Joncels était une abbaye bénédictine du diocèse de Béziers, très ancienne, dont l’origine et le fondateur sont inconnus. Ruinée par les Sarrasins, elle fut relevée par Pépin le Bref, la 16e année de son règne (768). Ce monastère, dont H. de Barreau ignorait l’emplacement, a donné naissance au village actuel de Joncels, halte de la voie ferrée de Montpaon à Bédarieux, entre la station des Cabrils et celle de Lunas.
En 1261, Jourdain de Montpaon, abbé de Joncels, contracta avec Vivian, évêque de Rodez, pour les dîmes militaires et épiscopales, dites Noves de Saint-Martin de Canals. (Fisquet)
Le même abbé Jourdain fut un des arbitres choisis par l’abbé de Nant et le prieur de Cassan en 1200, pour terminer un différent élevé entre les deux monastères au sujet du terroir des Aussédals et le bois Monezil dans la juridiction de l’Hospitalet.

QUELQUES PRIEURS DE CANALS

Le prieur était toujours un moine de Joncels.

1269, Guillaume ARTAL, qui le 5 des ides d’avril signe la prorogation d’un compromis entre l’abbé de Nant et le prieur de Cassan.
1358, Pierre II DE ROAIX, prieur de Canals, est créé abbé de Joncels par le pape Innocent IV.
1531-1552, Hugues RICARD, fils de noble Ricard, seigneur de St-Genniez de Bertrand.
1553, Raymond FREDAUD.
1678, Mgr LAVERGNE DE PRESSAN, évêque du Mans qui avait occupé quelques mois le siège de Vabres en 1671.
1729, Henry MARCORELLES.

CURES DE CANALS

1654, Guillaume POMAREDE est pourvu de la paroisse Saint Martin de Canals par le pape Paul IV.
Les registres paroissiaux de Canals avant la révolution, conservés à la mairie de Cornus, donnent la succession des curés depuis 1676 jusqu’en 1792.
1676-1713, Jean DUCLAUX. Quoique simple curé de Canals il fut mis à la tête du doyenné de Cornus en 1679. Il est décédé le 27 avril 1713 et fut enseveli le lendemain dans l’église de Canals, à l’entré du sanctuaire en présence de Messire Louis Goutey, prieur des Rives, diocèse de Lodève, Jean Castel, vicaire de Sorbs et de Martin Blanc, secondaire de Canals.
1714-1721, Autre DUCLAUX, probablement neveu du précédent.
1721-1729, Barthélemy ARNAL, qui fit la déclaration des Revenus et Charges de la cure contenue dans le Pouille de 1729.
Il eut pour secondaire M. Roucayrol.
Après M. Arnal, la paroisse fut desservie de mai 1729 à mai 1730 par deux pro-curés : Déjean et Jaoul.
1730-1734, BERTRAND, curé.
1734, Jean François MARTIN, originaire de Ceilhes, qui eut pour successeur un autre MARTIN, son neveu, mais on ne sait pas au juste en quelle année l’oncle céda la houlette pastorale au neveu. En tout cas ce dernier régit la paroisse jusqu’en 1792.
Le 29 mars 1781 fut baptisé Jean François Auguste de Lavalette-Cornusson, fils de noble Jacques Louis de Lavalette-Cornusson et de Marie Commenhes. Cette famille était une branche des Lavalette-Cornusson qui avait donné des évêques à Vabres.
Quelle fut l’attitude de M. Martin à l’époque de la Révolution ?
On l’ignore, mais le fait d’avoir signé des registres paroissiaux jusqu’en décembre 1792 semble indiquer qu’il aurait prêté le serment constitutionnel.
Le 15 fructidor, an XII, la municipalité de Cornus émet un vœu pour demander la conservation de la succursale de Canals et de la Bastide des Fonds.S

CURES DE CANALS APRES LA REVOLUTION

M. MARTIN curé avant la révolution continue à déservir la paroisse jusqu’en 1820.
M. Antoine JACOB, de ST Jean de Bruel, fur curé de Canals de 1920 à 1835 ; à cette dernière date, il fut transféré à St Jean de Bruel, sa paroisse natale, où il mourut en 1859.
M. ARNAL, né au Truel (1835-1838)
Victor BOUSQUET, de Salles-Curan (1838-1869)
Jules Philippe BOUSQUET, neveu de M. Antoine Jacob, fut curé de Canals pendant 37 ans (1869-1906). Il mourut à l’autel frappé d’une attaque d’apoplexie pendant qu’il faisait ses adieux à ses paroissiens.
1906-1913, Joseph BAUMEVIEILLE originaire de Fontanelle, transféré à Testet.
1913-1927, Henri SALEILLES, démissionnaire en 1927 pour des raisons de santé.
1928, Marius ANGLADE, précédemment professeur à Belmont.S

SEIGNEURS DE CANALS

Canals était de la mouvance de Montpaon, c’est-à-dire qu’il dépendait de la baronnie de ce nom ; mais les seigneurs de Montpaon, de temps immémorial, relevaient en fiefs des Evêques de Rodez. Lors de l’érection de l’évêché de Vabres (1347), toute la juridiction spirituelle passa au titulaire du nouvel évêché, mais les évêques de Rodez conservant la haute Seigneurie temporelle sur les châteaux de Montpaon, de Coupiac, de Castor, du Clapier, de Labastide-des-Fonds, de Caylus, du Tarn et de Montméjean (Bulle de Jean XII, du 22 novembre 1317, portant la délimitation du diocèse de Vabres.
On peut voir dans de Barreau (Doc. Généal. II p. 161-167) la suite des Seigneurs de Montpaon qui furent en même temps seigneurs de Canals et du château de Sorgue situé dans la paroisse de Canals.
Raymond I de Saint-Maurice
Guillaume de Saint-Maurice
Guillaume II de Saint-Maurice
Raymond II de Saint-Maurice. Il avait épousé Torène de la Tour.
De ce mariage naquit :
Jean de Saint-Maurice
Jacquette et
Elyise ou Elise
Elise de Saint-Maurice épousa en 1326 Aimeric du Pont, coseigneur de Camarès et elle reçut en dot le château de Sorgues et la moitié de ce que son père possédait à Canals.
Leur fille, noble Torène Dupont était Dame, c’est-à-dire seigneuresse de Canals et de Sorgue. En cette qualité, en 1391, elle reconnut tenir de l’évêque de Rodez, Henri de Séveri, le château de Sorgue et le lieu de Canals, et lui rendit hommage, les mains jointes, à genoux. osculo pocis interveniente.
Ensuite, la seigneurie de Canals passa à Guillaume de Villespasssaus qui la donna le 8 septembre 1470 à noble Pons Guillerm.
Un peu plus tard, Canals et le château de Sorgues étaient en la possession de noble dame Louise de Lestang. Celle-ci les revendit à noble Etienne Boyer (Boerii), viguier de Capestang ; cette vente fut ratifiée le 2 novembre 1514 par François d’Estaing, évêque de Rodez, qui reçut de l’acquéreur pour droits de lods la somme de 900 livres. Etienne Boyer lui rendit hommage et lui jure fidélité sur la Te igitur et le Missel et en croissant les deux mains sur la croix.
(Invent. Arch. dép. Série G-596, 597, 598, 617).
Les descendants d’Etienne Boyer, savoir Gabriel Boyer, ou de Boyer, Pierre de Boyer, Pierre II de Boyer prenaient le titre de barons de Sorgues et du Clapier. Ensuite cette baronnie passa dans la maison de Maureillan ; en 1774, Joseph Bonnet de Maureillan la vendit à M. de Sambucy, dont les descendants ont possédé le château de Sorgues jusque vers 1900. À cette époque, il fut vendu à M. Brugère, frère du général de ce nom.S

PEAGE DES ENFRUTS

Quoique le village des Enfruts fît partie de la paroisse de Canals, sous le rapport féodal, il relevait non du château de Montpaon, mais bien de la vicomté de Creyssels. Les vicomtes y possédaient un château, y avaient établi un droit de péage fort onéreux que devaient acquitter toutes les marchandises passant par là.
Autre péage pour ces mêmes marchandises au Pont de Millau, au profit du roi et du vicomte de Creyssels. Or, le juillet 1339, entre le roi de France Philippe VI et Géraud d’Armagnac, vicomte de Creyssels, fut passée une transaction qui réunit le péage des Enfruts et celui de la Cavalerie à celui du pont de Millau et qui fixa la part qui reviendrait au vicomte et celle qui reviendrait au roi. (Voir Livre de l’Epervier, pp. 30, 64, 117).
Dans ce même livre, il est dit (p.53), que le vicomte de Creyssels, Henri, mariant sa fille naturelle avec Raimond, bourgeois de Millau, lui donne 200 sols de rente sur le péage qui se levait au Enfruts.S


CANALS

Le prieuré bénédictin de Saint-Martin de Canals fut disputé en 1122 entre l’abbaye de Conques et celle de Joncels et confirmé à cette dernière en 1135 par Innocent II.Les liens de Joncels et de Canals étaient très forts au Moyen Age : P. de Royas, prieur de Saint-Martin, fut nommé en 1362 abbé de Joncels.
Église du XVIIIe s. Dévotion à Saint Clair pour les biens de la terre. Restes de fortifications. École mixte au XVIIIe siècle.S

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